Ce jour-là, un homme s'est redressé
- lioneldrouvin
- 28 mars
- 6 min de lecture
« Fracassée » : quand nos qualités naturelles se retournent contre nous — et comment le coaching-relationnel peut y remédier

« Fracassée ! »
C'est le mot que Janny a prononcé pour décrire l'excès d'un de ses propres qualités jusque-là bien caché dans son inconscient
. Elle-même n'en revenait pas.
Janny dirige un cabinet d'assurances et élève ses enfants en grande partie seule. Elle est investie, solide — tout le temps, pour tout le monde, au travail comme à la maison.
« J'ai peur de craquer, de ne plus pouvoir m'occuper de mes enfants, de mon boulot. Je me sens coupable de cette tension permanente. » |
Ses yeux brillent de larmes contenues.
Ce que Janny vit, de nombreuses dirigeantes — et dirigeant — le connaissent sans pouvoir le nommer : une tension de fond qui s'installe, s'épaissit, et finit par peser sur tout — les relations professionnelles, les relations familiales, et la relation à soi-même. Un épuisement qui ne vient pas d'un manque d'investissement, mais souvent d'un excès de ses propres qualités naturelles qui survient avec le stress, lui-même induit par des interdits qui se sont engrammés par réflexe de survie dès le plus jeune âge.
Quand l'investissement et la solidité deviennent une prison : l'excès de nos qualités naturelles
En réalisant sa Boussole-relationnelle, nous explorons ensemble ce que devient une personne qui serait mille fois trop investie, solide à l'excès.
« Elle devient dure, rigide, cassante... fracassée ! » Mais ça, ce n'est pas elle... |
Je laisse ses mots résonner. Ce moment est toujours saisissant : la personne entend pour la première fois, avec ses propres mots, ce que l'excès de sa qualité lui fait vivre. Ce n'est plus une sensation floue — c'est nommé, visible, réel.
C'est l'un des fondements de la Boussole-relationnelle, développée à partir des travaux de Daniel Ofman sur le quadrant des qualités, et aussi de Carl G. Jung et Jean Monbourquette : chaque qualité naturelle a son revers, et installe en nous une ombre. Poussée trop loin — sous l'effet du stress, de la peur ou de l'injonction à toujours être à la hauteur — elle se transforme en excès qui épuise et isole.
Le verrou intérieur : pourquoi Janny s'interdit de se détendre
Je lui pose alors la question essentielle : « Et quelle est la qualité d'une personne qui n'est rien de tout ça — ni dure, ni rigide, ni cassante, ni fracassée ? »
Cette question soulève un voile d'interdits posé depuis longtemps sur un manque réel qui semble quasi impossible à atteindre, parce que nos sens communs ne peuvent pas le détecter.
Après un long silence, la réponse de Janny vient...
« Elle devient... détendue ? »
Son corps s'exprime avant ses mots : ses épaules s'abaissent, son regard s'adoucit, son visage se détend.
« Elle est fluide, relaxe, tranquille. » |
Je sens son besoin profond de rejoindre cet état. Mais très vite, elle freine.
« Quelqu'un de détendu ? Je vois un ramolo, irresponsable, pas du tout opérationnelle. Un ectoplasme de SOS fantôme ! » |
Voilà le verrou.
Son cerveau a engrammé de puissantes croyances limitantes : détente = irresponsabilité. Donc, il lui est interdit de se détendre — Janny se prive à son insu de ce besoin fondamental de détente depuis des années, depuis l'enfance sans doute.
Et de l'autre côté, pour compenser : il faut être solide — confondu avec être rigide, dure, cassante et... fracassée — jusqu'à la fracture.
Ce mécanisme de confusion cognitive est l'une des causes les plus fréquentes de l'épuisement professionnel chez les dirigeantes et les professionnelles de l'aide : on se prive de la ressource dont on a le plus besoin pour ne pas ressembler à ce que l'on rejette.
Dénouer les confusions : détendue n'est pas ramolo, solide n'est pas fracassée
On entame alors ensemble un travail concret pour dénouer ces deux confusions.
La déconfusion — étape par étape :
• Non : être détendue, ce n'est pas être irresponsable. C'est être détendue. • Non : être solide, ce n'est pas être rigide et cassante. C'est être solide.
Ce sont des qualités naturelles de polarités différentes. Elles ne sont pas incompatibles — comme le lui dictaient ses croyances engrammées. Elles sont complémentaires. Mieux : elles s'enrichissent mutuellement. |
Ce travail de déconfusion, je le conduis corporellement et émotionnellement — pas seulement intellectuellement ni mentalement. Parce que c'est dans le corps que les croyances s'installent. Et c'est dans le corps qu'il convient d'aller les défaire.
La Boussole-relationnelle ne plaque aucune grille extérieure sur la réalité de la personne. Elle fonctionne avec ses propres informations — celles qui vibrent dans l'instant, celles qui sont les siennes — pour éclairer ses angles morts et les ombres qui y plannent, et transformer ses polarités opposées en ressources complémentaires.
L'alliance des qualités naturelles : retrouver la sérénité dans son corps et dans ses ressentis
Quand Janny réalise et intègre pleinement l'alliance de ses deux qualités naturelles — dans son corps, dans ses ressentis — elle trouve instantanément de la sérénité.
« Oui ! Je peux être à la fois détendue ET solide. En même temps. C'est légitime. C'est moi. » |
Ce moment est toujours celui qui m'émeut le plus dans ce travail. Pas la technique — le moment où quelqu'un se retrouve.
La culpabilité liée à la tension permanente ne disparaît pas par magie. Mais elle perd son pouvoir d'emprise, parce que Janny comprend maintenant d'où elle vient et ce qu'elle peut en faire. Elle prend responsabilité — au sens profond du terme : elle apporte sa réponse, non-conditionnée, à ce qu'elle a à vivre.
La Boussole-relationnelle : un outil de coaching qui éclaire vos angles morts relationnels

La Boussole-relationnelle est un outil dans mon coaching relationnel simple et puissant, précisément parce qu'il ne vous demande pas de changer qui vous êtes.
Elle fonctionne avec vos propres informations — celles qui vibrent dans l'instant — pour éclairer vos angles morts et vous permettre d'utiliser vos polarités opposées comme des ressources complémentaires, et d'en prendre pleinement responsabilité.
L'histoire de Janny n'est pas un cas isolé. Derrière chaque dirigeante épuisée qui se juge trop sévèrement, derrière chaque professionnel de l'aide qui s'efface trop souvent, il y a souvent une confusion engrammée entre une qualité naturelle et son excès — une confusion qui prive de la ressource la plus précieuse au moment où on en a le plus besoin.
Et vous — de quelle qualité naturelle vous privez-vous sans le savoir ?
Si vous vous reconnaissez dans l'histoire de Janny, je vous propose un premier échange pour explorer ensemble ce que la Boussole-relationnelle peut révéler — et vous redonner accès à.
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Questions fréquentes
Pourquoi les femmes dirigeantes sont-elles plus exposées au burn-out ?
L'épuisement professionnel chez les dirigeantes (comme chez les dirigeants) ne tient pas à un manque de compétences mais bien souvent à un excès de leurs qualités naturelles — investissement, solidité, disponibilité — poussées trop loin sous pression. S'y ajoute fréquemment une double charge, professionnelle et familiale, et une croyance engrammée : prendre soin de soi serait irresponsable...
La Boussole-relationnelle aide à identifier et déconstruire ces mécanismes.
Comment sortir de la tension permanente sans abandonner ses responsabilités ?
La tension permanente vient souvent d'une confusion entre une qualité (être solide, être présente) et son excès (être rigide, être fracassée). Le travail de déconfusion mené en coaching relationnel permet de retrouver l'accès à la qualité naturelle — sans basculer dans son excès — et de la mettre en alliance avec son opposée complémentaire. Le résultat est une sérénité réelle, non une démission.
Qu'est-ce qu'une polarité complémentaire en coaching relationnel ?
Une polarité complémentaire, c'est la qualité naturelle qui correspond à l'opposé d'une autre qualité — sans que les deux s'excluent. Être détendue et être solide sont des polarités complémentaires : loin de s'opposer, elles s'enrichissent mutuellement quand elles sont mises en alliance. La Boussole-relationnelle permet d'explorer et d'activer ces alliances. C'est à la fois réconcilier ses différentes qualités et aussi conscientiser de nouveaux points de vigilance, des points sensibles qu'il est indispensable de connaître.
Combien de temps dure une séance de Boussole-relationnelle ?
La Boussole-relationnelle peut s'explorer en séance individuelle de coaching (1h30 à 2h) ou en atelier collectif (demi-journée ou journée complète). Dans les deux cas, les effets sont souvent perceptibles dès la première séance — comme en témoigne l'histoire de Janny, qui retrouve de la sérénité dans le corps et dans les ressentis au cours même de la séance.




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